Anne Landois-Favret Anne Landois-Favret

Provins – Les aigles des remparts

Bonjour à toutes et à tous ! Nous reprenons un rythme de croisière après ce marathon danois. Tous les articles sur mon voyage dans ce beau pays sont maintenant parus mais vous pourrez les retrouver listés intégralement en bas de cet article. Pour le premier article de reportage de 2019, je vous propose de découvrir un spectacle avec des rapaces à Provins (Seine-et-Marne) intitulé « les aigles des remparts », j’y ai assisté en septembre dernier, c’est parti !

 

La petite histoire

La ville de Provins [1] est située en Seine-et-Marne (77) dans la région Ile de France, à environ 75 km au sud-est de Paris. Par le passé, j’étais déjà allée à Provins pour visiter la ville, elle a un riche patrimoine historique. Elle est d’ailleurs connue pour son immense fête médiévale qui se déroule chaque année un week-end de juin. Provins est l’ancienne capitale des comtes de Champagne et elle est inscrite depuis 2001 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. On peut notamment y observer de superbes fortifications encore debout, la Tour César, un donjon octogonal à base carrée ou bien une maison romane du 10ème ou 11ème siècle (ils ne savent pas trop, mais c’est déjà bien ancien !). Au Moyen-Âge, il y avait 3 foires dans la ville, le commerce était extrêmement florissant, de nombreux nobles entre autres, passaient par Provins pour aller en Champagne, c’était l’occasion de quelques achats ! Le spectacle est géré par la société Vol Libre qui a une grande expérience dans le domaine des spectacles de rapaces, ils font également appel à des chevaux et à un autre animal plus exotique mais vous verrez cela un peu plus bas :

Nous avons bénéficié d’un superbe mois de septembre, même plutôt chaud certains jours. Nous sommes arrivés à l’heure du repas sur Provins et avons testé une petite crêperie très sympa, la « fleur de sel ». On avait tellement bien mangé que la marche après ne fût pas du luxe ! Nous avions réservé en ligne les billets du spectacle et il n’était pas encore l’heure de s’y rendre. C’était l’occasion de faire un tour dans les vieilles rues de la ville pour patienter :

On peut faire un petit crochet (et une petite descente) au caveau du Saint-Esprit, un ancien hôpital créé par le compte Henri le Libéral à la fin du 12ème siècle pour loger les pauvres, les vieillards et les enfants :

Le caveau sert actuellement de salle pour diverses occasions et au moment de notre venue, on pouvait voir une petite exposition sur l’histoire du lieu. Nous continuons notre balade et apercevons la Tour César qui se voit de loin, elle date du 12ème siècle. C’est un donjon qui se trouve au sommet d’une colline (artificielle) où s’est installée la ville haute. Elle est classée au titre des monuments historiques depuis 1846 et a la particularité d’être, à ce jour, le seul donjon octogonal à base carrée connu. Comme beaucoup de tours, elle servi également de prison. Nous faisons une halte à la porte Saint-Jean, nous la passons et nous nous retrouvons donc en dehors des limites de la vieille ville. De là, on peut voir la longueur des remparts et leur très bon état de conservation. Par endroits on peut se balader sur le chemin de ronde :

Il est bientôt l’heure, en nous dirigeant vers notre point de rendez-vous, nous découvrons encore de jolies maisons anciennes. Nous ne sommes pas passés devant la maison romane datant du 10ème ou 11ème siècle, si vous vous y rendez, sachez qu’elle abrite un musée, celui de Provins et du Provinois :

Il faut se présenter 30 minutes avant le spectacle, ce que nous avons fait, et nous avons pu voir quelques rapaces avant. Normalement, le temps pour aller les voir dans leur volerie est plutôt prévu à la fin du spectacle, mais peut-être que comme il n’y avait pas trop de monde ce jour-là, ils nous ont laissé y aller 2 fois. Le spectacle dure 45 min et il retrace l’histoire de la fauconnerie à travers les âges. C’est pourquoi vous voyez en dessous un dromadaire ! Le spectacle commence par la fauconnerie telle qu’elle était pratiquée chez les nomades arabes du Proche-Orient :

Le fauconnier passe à pied pour nous faire quelques démonstrations de tous les talents des faucons sacres ! Ces rapaces se retrouvent en Asie Centrale, au nord de l’Inde, en Europe Orientale et même jusqu’en Ethiopie. C’est une des espèces traditionnellement les plus utilisées en fauconnerie en Europe de l’Est, en Asie Centrale et dans les pays arabes. C’est un rapace diurne qui mesure environ 55 cm de haut, d’une envergure de 100 à 130 cm et son statut auprès de l’UICN (l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature) est « en danger ». Tout au long du spectacle, des commentaires détaillés nous renseignent sur l’histoire des peuples pratiquant la fauconnerie ainsi que les relations qu’ils ont avec les rapaces. Le narrateur nous sensibilise également aux dangers toujours plus grands qui menacent les rapaces du monde entier tels que la persécution par l’homme ou les effets de divers produits chimiques très nocifs pour eux :

Le rapace que l’on voit de dos est une buse de Harris, elle mesure de 46 à 59 cm de long pour une envergure de 103 à 119 cm. Cette buse se trouve principalement en Amérique Latine et son statut est « préoccupation mineure ». Voici un lien vers une photo de face :

Nous passons à une autre partie du spectacle plus orientée époque médiévale en Occident. On retrouve donc des démonstrations avec des chevaux. D’ailleurs à propos des chevaux, ils sont d’origine ibérique, plus précisément du sud de l’Andalousie, leur tempérament se prête plutôt bien aux spectacles et à la cohabitation avec les rapaces. L’oiseau pris en plein vol est une chouette effraie (parfois appelée Dame Blanche), elle peuple tous les continents (à l’exception de l’Antarctique et de quelques îles) et mesure de 34 à 40 cm de long. Il existe de nombreuses sous-espèces, ici c’est une effraie des clochers, son statut est « préoccupation mineure ». En bas à gauche, c’est une chouette lapone, elle se reconnait à sa grande tête et à ses larges disques faciaux. On la retrouve en Amérique du Nord et dans la partie nord de l’Eurasie. Chose surprenante, sa tête peut pivoter selon un angle pouvant atteindre 270 degrés ! Son statut UICN est « préoccupation mineure » et elle peut atteindre une envergure de 160 centimètres. Sur la photo en bas à droite, un hibou Grand Duc, que l’on retrouve principalement en Europe et en Asie, il est même le plus grand rapace nocturne de notre continent avec 75 cm de haut. Nous l’avons vu voler, il est effectivement très impressionnant. J’avoue avoir une préférence pour les chouettes, et plus particulièrement la chouette Lapone :

Petit tour également du côté des fauconniers kazakhs des steppes d’Asie Centrale. Durant la démonstration on retrouve divers aigles, mais également un pygargue à tête blanche qui lui est originaire d’Amérique du Nord. Ce rapace est l’emblème national des Etats-Unis et son statut UICN est « préoccupation mineure ». Les femelles sont plus grandes que les mâles (comme souvent chez les rapaces) et certaines peuvent atteindre 240 cm d’envergure :

Lors des vols des rapaces au-dessous de nos têtes, nous avons également pu voir un aigle bleu du Chili également appelé buse aguia. C’est un oiseau qui vit principalement en Amérique du Sud, comme vous pouvez vous en douter. C’est un bel oiseau que l’on n’a pas souvent l’occasion d’observer dans les lieux de fauconnerie. Pour ma part, c’était la première fois que j’en voyais, j’avais déjà fait un spectacle de rapace en Alsace, mais il n’en faisait pas parti. Son statut est « préoccupation mineure », il mesure 80 cm et peut atteindre une envergure maximale de 200 cm :

Retour à l’époque médiévale avec un caracara huppé, un oiseau au look et à la démarche assez marrants. Ils sont très joueurs, ici, on peut voit une démonstration du jeu des 3 bols, équivalent du bonneteau. L’oiseau est très rapide pour suivre et retrouver la balle sous le bol. Il habite l’Amérique du Sud, il est de taille moyenne, environ 60 cm et a une envergure de maximum 130 cm. Il est également classé comme préoccupation mineure, comme la plupart des rapaces que nous avons vu ce jour-là :

Le milan noir occupe presque toutes les régions tropicales et tempérées hormis les Amériques. Haut de 60 cm, il peut atteindre une envergure de 155 cm, son statut est en préoccupation mineure également :

C’est la fin du tour de piste du milan royal, il a bien mérité un peu de repos. Viennent ensuite les vautours, si impressionnants de part leur envergure qui peut atteindre 270 cm. Ici, nous avons à faire à des vautours fauves, ils vivent principalement en Europe, en Asie et dans la moitié nord de l’Afrique. De préoccupation mineure dans sa classification auprès de l’UICN, il est strictement charognard, il est doté d’un bec puissant pour dépouiller les carcasses qu’il trouve. Le vautour fauve est massif, quand il passait au-dessus de nos têtes, on sentait un courant d’air bien plus fort qu’avec d’autres rapaces, impressionnant :

Le spectacle se termine sur les vautours, nous prenons tranquillement la sortie de la zone pour nous diriger vers la volerie. Nous recroisons le caracara huppé (en haut à gauche), qui à ce moment-là n’avait pas les plumes de sa tête redressées. En haut à droite, un aigle royal qui était en train de « causer » à son fauconnier. En bas à gauche, un pygargue de Steller que je trouve magnifique, son bec est très particulier, très épais. C’est le plus grand et le plus puissant des aigles, il mesure 105 cm et peut avoir une envergure de 245 cm. Il pèse entre 6 et 9 km, et son statut est « vulnérable », on le retrouve surtout en Asie :

Sur toutes les photos sauf celle en bas à droite, on retrouve le faucon sacre, je ne m’en lasse pas, il fait parti de mes rapaces préférés. En bas à droite, un caracara de Forster, originaire du sud de l’Amérique du Sud, et doté, comme le caracara huppé de plumes sur la tête qui se redressent. Il mesure 65 cm et a une envergure qui peut atteindre 125 cm, son statut est « quasi menacé » :

Nous recroisons le chemin du hibou Grand Duc, toujours aussi majestueux et calme. En dessous, un pygargue à tête blanche et un détail de ses pattes, les serres sont affûtées ! D’ailleurs, pendant le spectacle, un fauconnier faisait passer un caracara de Forster sur les bras des personnes qui le souhaitaient, j’ai remis ma manche par précaution, mais je n’ai rien senti à part le poids de l’animal, le voir à 10 cm, c’est juste superbe :

Un petit dernier pour la route, le caracara huppé, en mode curieux. Quand il a les plumes de sa tête redressées il a un air assez marrant, mais là, il est tout simplement beau, il a de très jolies couleurs bien réparties :

Carnet pratique

Crêperie La Fleur de Sel | 3 Place du Châtel – 77160 Provins

Les Aigles des Remparts | Rempart du Cour aux Bêtes – 77160 Provins | Plein tarif : 12,50 € | Site

Si vous souhaitez y aller, sachez que ce n’est pas ouvert toute l’année, il y a une trêve hivernale, la prochaine réouverture sera en mars. Toutes les personnes de la société Vol Libre, qui organisent ce spectacle, sont très compétentes, sur leur site on peut retrouver tout un tas d’informations sur les conditions de détention des rapaces, du soin qui leur ait apporté. Ils en profitent pour faire centre de conservation et de reproduction. Le cadre du spectacle est superbe, on est dans un angle à côté des remparts, comme dans une sorte de cirque. Je ne peux que vous conseiller d’y aller, j’ai adoré, beaucoup de pédagogie de leur part, c’est également très instructif. Ils passent également dans les allées de la volerie pour répondre aux questions des gens, leur dire ce qu’il faut faire et ne pas faire. Aimez-vous les rapaces ? Lesquels ne connaissiez-vous pas ? 🙂

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4 Commentaires

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    16 janvier 2019 at 12 h 24 min 

    Merci Delphine ! Oui, les photos en plein vol ne sont pas faciles, j’ai eu pas mal de déchets, mais je suis contente de celles qui sont réussies ! 🙂

  • Delphine
    16 janvier 2019 at 9 h 42 min 

    Bonjour Anne
    De très belles photos ! En particulier celle que tu as mis en présentation de ton article. Pour avoir déjà fait cet exercice, de photographier des rapaces en vol ou même en cage, je sais que c’est compliqué à faire, d’avoir à la fois la netteté et un rendu créatif. J’avais fait ce genre de photo au Puy du Fou. Cela me fait toujours rêver ce genre d’endroit où on se projette dans un autre monde, à une autre époque que la notre.

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    13 janvier 2019 at 19 h 16 min 

    Merci Anne ! Oui je l’ai vu hier ce thème, mais il est un peu loin et j’avais déjà presque fini mon article, c’est pas grave, je trouverai peut-être autre chose ! 🙂

  • Anne
    13 janvier 2019 at 18 h 33 min 

    Ces animaux sont remarquables, et les images très belles (tu aurais du attendre le thème ornithologie de mars de #EFA 😉 )

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