Paris – Visite de la Conciergerie

L’année dernière, nous avions visité la basilique Saint-Denis, la nécropole des rois de France et on nous avait remis en caisse un pass’ Marie-Antoinette. Dessus, on retrouve le château de Rambouillet (78), la chapelle Expiatoire (Paris) ainsi que la Conciergerie (Paris également), tous des lieux liés à Marie-Antoinette. Nous nous sommes donc décidés pour la visite de la Conciergerie au mois de mai, nous avons eu 2 € de réduction, cela nous est donc revenu à 7 € par personne !

 

La petite histoire

Dès le 6ème siècle, Clovis vint installer sur l’île de la cité (plein centre actuel de Paris) sa demeure royale, puis en 1200, Philippe Auguste fait du Palais de la Cité le siège du pouvoir capétien, plus tard, Saint-Louis y fait ériger la Sainte-Chapelle et Philippe le Bel réagence et agrandit le palais pour y abriter les institutions de l’administration du royaume. Avant d’être une prison, la Conciergerie était donc une demeure de rois. Elle doit son nom du « concierge », qui est un haut personnage du royaume, il est nommé par le roi pour assurer l’ordre, la police et enregistrer les prisonniers. Plus tard, le parlement de Paris siège au Palais et entre 1793 et 1795, le tribunal révolutionnaire s’y installe pour ses grands procès, c’est le basculement de la Révolution vers la Terreur. Des personnes célèbres sont passées par cette prison comme Robespierre ou bien encore Marie-Antoinette :

conciergerie-carte

Les caisses et le début de la visite se trouvent dans la salle des Gens d’Armes, la plus grande salle médiévale restante en Europe (63,30 m par 27,40 m). Une immense pièce avec ses grands piliers et ses voûtes. Il y avait une installation temporaire à ce moment-là (visible jusqu’au 31 Août 2018). C’est l’œuvre de Stéphane Thidet, un artiste contemporain français. Il a détourné l’eau de la Seine pour la faire passer au-dessus du quai de l’horloge et arriver en cascade dans la salle des Gens d’Armes :

L’installation a pour vocation d’interroger sur la place de la Seine dans la capitale, sur son rôle naturel, historique et structurel. Au fond, derrière les barreaux, c’est la boutique de souvenirs et aussi la suite de la visite :

Prison sur Seine

Nous revenons en arrière car nous avions manqué le n°2 du parcours où se trouve les cuisines. On y fait un rapide tour, la pièce est assez vide, il reste de grands espaces aux angles qui accueillaient des cheminées. Les cuisines datent du 14ème siècle et ont subit des restaurations au milieu du 19ème dans le but de les transformer en cellules :

Même si la pièce est assez vide, hormis l’installation de Stéphane Thidet qui la traverse en hauteur, on peut admirer les colonnes et voûtes qui ont du cachet :

Fleur architecturale

On poursuit la visite, nous arrivons dans la salle des gardes. Elle date également du 14ème siècle, elle servait de réfectoire. Par la suite, elle fût réservée à la prison des hommes et aménagée en cachots. Il y avait tellement de prisonniers qu’elle fut divisée en 2 avec un plancher à mi-hauteur. Au-dessus de cette salle, au premier étage siégeait le Tribunal Révolutionnaire. A plusieurs endroits dans tout le bâtiment, on peut voir ces marques sur des piliers qui symbolisent la hauteur de la crue de 1910 :

On arrive donc à hauteur de la boutique, puis on continue et on arrive sur une partie avec des grilles, des cellules ou bien encore des postes de garde. En 1789, la Révolution éclate, la fins des privilèges et la déclaration des droits de l’homme et du citoyen voit le jour mais tout cela sera de courte durée. Les pays voisins ont peur que la Révolution ne les déstabilise, la guerre éclate en 1792. En 1793, Louis XVI est exécuté mais des français prennent les armes contre la Révolution, c’est la guerre civile. Bref, la période est très troublée :

La Terreur est mise en place, entre autre contre ceux qui n’adhèrent pas au nouveau régime. Cet outil du gouvernement arrête et exécute bon nombre de personnes vu comme des instigateurs de ces révoltes, comme par exemple Robespierre :

Le gouvernement essaye de tenir tant bien que mal lorsqu’en 1799, le général Napoléon Bonaparte fait un coup d’état et instaure le Consulat, il proclame dans le même temps que la « Révolution est terminée ». Voilà pour le résumé de toute la période décrite dans les couloirs de la Conciergerie. Je n’ai jamais trop aimé l’Histoire, car je ne retiens pas bien les dates ni les ordres des événements de ces époques où je n’ai pas de point d’encrage, comme une époque que je vivrais, mais en dehors de l’école, dans un cadre bien précis, il est toujours bon d’essayer de situer et comprendre un minimum de quoi on parle, alors je fais l’effort assez souvent maintenant. On continue notre cheminement, on peut voir qu’on se concentre surtout sur la période du Tribunal Révolutionnaire, aux alentours de 1793. On passe près de cellules dont on imagine sans peine l’insalubrité et les conditions très difficiles de détention :

Sans espoir

Même les couloirs qui accueillent les cellules semblent glauques, peu lumineux avec de toutes petites fenêtres. Parfois, les détenus ne restent pas longtemps à la prison, ils repartent vers d’autres prisons. Divers types de personnes s’y croisent, comme des opposants politiques, des criminels ou bien encore des faussaires. Les détenus financent eux-même leur détention et les plus riches se payent de grandes cellules pendant que les autres sont entassés en grand nombre à même le sol. On apprend également qu’en 1789, le député et médecin Joseph Ignace Guillotin plaide pour que tous les condamnés à mort aient la même sentence, peu importe leur rang social. La « guillotine » est utilisée pour la première fois le 25 Avril 1792, elle avait de doux surnoms comme le « rasoir national » ou bien encore la « racourcisseuse patriotique » :

En haut d’un escalier à gauche, on pénètre dans la Salle des Noms. Tous les murs en sont remplis, c’est impressionnant ! L’épaisseur des barrettes renseigne sur l’appartenance sociale. Le plus fin est pour le Tiers-Etat, puis le Clergé et enfin la Noblesse. Un nom en rouge est celui d’une personne exécutée et en noir, elle a été acquittée, déportée ou emprisonnée :

On redescend et on arrive dans une petite pièce où l’on retrouve des références à Elisabeth de France, la sœur de Louis XVI. Elle fut emprisonnée avec lui en 1792 et passa devant le Tribunal Révolutionnaire où elle fut condamnée à mort et exécutée en 1794 :

Plus loin, on trouve le fauteuil dit de « Marie-Antoinette à la Conciergerie » mais il n’a pas servi pendant sa détention, il a été mis plus tard, après son exécution, pour les visiteurs de sa cellule. Elle arrive à la Conciergerie en Août 1793 et y restera 76 jours. Le 14 octobre 1793 s’ouvre son procès et elle est condamnée le 16 octobre :

Fauteuil royal

En se retournant, on aperçoit l’entrée de la petite pièce où il était question de Elisabeth de France, avec ce grand drapé noir. Au pied, il y a également un autel, mais ce n’est pas la chapelle expiatoire qui se visite également. Nous n’avons pas pris ce billet, mais la chapelle est à voir, elle a été construite par Louis XVIII à l’endroit de la 2ème cellule de Marie-Antoinette :

On termine la visite en passant par cette cour intérieure. Ça donne une autre vue sur le bâtiment du Palais de la Cité, plus bucolique, surtout après avoir lu tous ces descriptifs de procès et d’exécutions :

En sortant, je prends un peu de recul sur le bâtiment pour prendre une vue plus connue de la Conciergerie avec ses fameuses tours qui datent du Moyen-Âge. Le monument est toujours aussi touristique, mais nous avons réussi à faire une visite assez calme et ce en étant un samedi. On peut voir entre 2 tours une petite cascade, c’est par là que ressort la Seine, détournée par Stéphane Thidet :

La Conciergerie

Carnet pratique

La Conciergerie | 2 Boulevard du Palais – 75001 Paris | Plein tarif – 9 € | Site

Il me semble l’avoir visité il y a très longtemps, sûrement au collège ou en primaire, j’en avais gardé des souvenirs un peu flous. Cette séance de rattrapage a pu mieux m’éclairer sur la période historique et les enjeux de l’époque. En étant plus vieille, j’ai sûrement plus apprécié qu’à l’école ! Connaissez-vous la Conciergerie ? Situez-vous mieux ce lieu avec les périodes de la Révolution et de la Terreur ? Je vous laisse quelques jours, je pars en vacances au Danemark, je vous dis à très bientôt avec des articles venus du nord de l’Europe ! Bonnes vacances à tous ! 🙂

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10 Commentaires

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    14 juillet 2018 at 10 h 35 min 

    Merci Esther ! Ce n’est pas l’endroit le plus mis en avant dans les choses à visiter à Paris, mais il y a quand même pas mal de visiteurs, comme quoi, les touristes doivent découvrir l’existence de la Conciergerie une fois sur place peut-être !
    Pour les vacances nordiques, c’est malheureusement terminé, je suis revenue chez moi, et les gens ne sont toujours pas éduqués, hier soir, ça parlait fort plus de la musique jusqu’à au moins 1 heure du mat’ … 🙁

  • Esther
    13 juillet 2018 at 18 h 57 min 

    Plein d’infos et de belles photos, la lumière sur les arches, la porte ouverte sur la jeune femme floue, l’enfermement de « sans espoir ».
    Une belle balade qui me donne envie d’y aller (je ne connais pas…) Bonne vacances nordiques, à bientôt !

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    6 juillet 2018 at 22 h 16 min 

    Merci Amor ! J’imagine que les installations et dispositions dans les musées changent avec le temps, elles se modernisent, évoluent. La Seine est omniprésente, beau parallèle effectivement !

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    6 juillet 2018 at 22 h 14 min 

    Merci Pascal ! Contente que les informations historiques t’aient plu ! 🙂

  • Amor
    6 juillet 2018 at 18 h 09 min 

    J’avais comme toi visité il y a longtemps la conciergerie et dans mes souvenirs je me rappelle qu’il y avait des sortes de scènes reconstituées avec des mannequins, la reine dans son cachot, le dauphin dans les cellules avec les ustensiles de l’époque, également la liste des guillotinés mais pas comme elle est actuellement. Par contre aucun souvenir de la cour.
    J’aime bien cette installation avec l’eau captée et restituée qui réponds à la marque de la crue de 1910.

  • Pascal
    6 juillet 2018 at 11 h 12 min 

    Très intéressant cet article. J’ai beaucoup apprécié ce résumé historique. J’ai particulièrement adoré la photo intitulée Sans Espoir… L’interprétation reste assez forte.

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    3 juillet 2018 at 12 h 36 min 

    Merci Anne ! Ca sera pour une prochaine fois ! 😀

  • Anne
    3 juillet 2018 at 7 h 02 min 

    Voilà une visite tout à fait intéressante, tant pour l’histoire que pour la beauté des lieux. Dommage, je suis rentrée de Paris hier!

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    1 juillet 2018 at 18 h 16 min 

    Merci Chris ! Si tu es de passage sur Paris prochainement n’hésites pas ! 🙂

  • Chris
    1 juillet 2018 at 16 h 57 min 

    Merci pour cette piqûre de rappel de cette période trouble de l’histoire de notre si beau pays. Pour ma part, j’aime beaucoup l’histoire car les faits passés nous aident à mieux comprendre certains aspects de notre vie présente.
    Je n’ai jamais visité cet endroit , remettant à plus tard à chaque fois…
    Bonnes vacances et reviens nous avec de jolies photos !

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