Anne Landois-Favret Anne Landois-Favret

Paris – Océan en voie d’illumination

Bonjour à tous ! Nous sommes le 1er décembre et il est temps de se retrouver pour un article rédigé dans le cadre du collectif de blogueurs « En France Aussi ». Le thème du mois de décembre est « lumières », il a été lancé par Pierre du site Mon Grand Est. J’ai découvert récemment qu’il y avait des sculptures lumineuses au Jardin des Plantes à Paris, c’était donc le lieu idéal pour capturer des choses lumineuses. En route pour un univers merveilleux ! 🙂

Le Jardin des Plantes est un endroit que j’aime tout particulièrement, étant enfant j’y suis allée à de nombreuses reprises, c’était l’occasion de voir ces grandes serres, ces grandes allées remplies de superbes plantes et des animaux à la ménagerie. C’est un parc botanique situé dans le 5ème arrondissement, à 2 pas de la gare d’Austerlitz. Le Jardin est le siège du Muséum National d’Histoire Naturelle. La création du parc remonte à 1626 et il s’étend sur un peu plus de 23 ha. On y retrouve aussi un lieu captivant, la grande galerie de l’évolution, rénovée en 1994. Bref, il y a de quoi faire au Jardin des Plantes, et à cela s’ajoute une nouvelle activité, la possibilité de faire une promenade nocturne au travers des allées du jardin et de la ménagerie. Cette année, c’est la seconde édition et elle s’appelle « Océan en voie d’illumination ». Il faut impérativement réserver en ligne pour se caler sur un créneau (à partir de 18h jusqu’à 21h30 pour les entrées et fermeture à 23h), cela évite qu’il y ait trop de monde et que l’on ne puisse pas profiter pleinement de l’expérience. Je n’ai pas eu de difficulté particulière, je suis entrée pile à l’heure, avec l’appareil photo et même un gobelet de thé à la main. Cette exposition de sculptures géantes a pour but de sensibiliser les gens à la fragilité des écosystèmes et donc notamment des mers et des océans. Je démarre la balade avec des flamants rouges (ou flamants des Caraïbes) ou bien encore des grues du Japon, et là je me dis, étrange des créatures terrestres ici. Pas d’erreur de leur part, le premier parcours est intitulé « promenade sur le littoral tropical ». Je croise également un crocodile et des crabes, les sculptures sont super bien faites, l’éclairage depuis l’intérieur est très bien dosé, c’est tout simplement magnifique voire même magique, surtout grâce à l’absence de cohue à ce moment-là, je peux vraiment profiter calmement. Les littoraux, espaces entre la terre et la mer, subissent actuellement un fort et rapide dérèglement à cause de l’élévation du niveau de la mer et des activités humaines :

Au bout de la grande allée, le parcours opère un virage et j’arrive à la zone consacrée aux mers chaudes. Changement total de faune, dans les régions tropicales et subtropicales des océans Pacifique, Atlantique et Indien, les environnements sont riches et complexes. Bien que la lumière du soleil ne pénètre que les couches supérieures des océans, des formes et des modes de vie très divers s’y sont développés. Je croise une crevette-mante, capable de distinguer 100 000 couleurs, elle peut briser des carapaces et porte ses coups à 110 km/h, les plus rapides du monde animal. Beaucoup de végétations marines sont représentées, elles illuminent les allées. On rentre dans le ventre d’un grand requin blanc, assez impressionnant. C’est l’un des plus grands poissons prédateurs, il souffre toujours d’une mauvaise réputation due à de rares attaques sur l’Homme, le plus souvent accidentelles. Son territoire de chasse, situé près des côtés, et de plus en plus menacé par les activités de loisirs (surf, pêche sous-marine …). Sous son arbre, de couleurs rouge et rose, on retrouve l’éponge theonella qui vit dans les récifs indo-pacifiques. Ce genre d’éponges était déjà présent au Trias et surtout au Jurassique, il y a plus de 160 millions d’années. Le poisson-clown vit en symbiose avec les anémones de mer tandis que les méduses dorées se réjouissent des dérèglements climatiques et de la raréfaction de ses prédateurs (tortues, thons …). Je rencontre le baliste-clown, le poisson avec les tâches jaunes sur le ventre. C’est un carnivore, ses dents sont très acérées. J’ai adoré la pieuvre, elle est sublime et vraiment très grande :

Les abysses sont des mondes mystérieux situés au-delà de 3 000 m de profondeur et constituent près des deux tiers de la surface de la Terre. Les conditions sont extrêmes, pas de lumière, une pression très forte, une température entre 2 et 4 °C et pourtant les recherches ont montrées que la vie foisonnait à ces profondeurs. Les écosystèmes sont encore mal connus, il est compliqué d’aller explorer dans ces lieux. En orange, le poisson-ogre, il parait menaçant comme ça, mais il ne mesure que 18 cm en réalité. On le rencontre jusqu’à 5 000 m de profondeur et ses dents sont si grandes qu’il lui ait impossible de ferme la bouche. Avec son leurre bioluminescent sur la tête (uniquement les femelles) pour attraper ses proies, la baudroie abyssale a également fière allure. Les cténophores sont bioluminescents grâce à des bactéries dans leur corps, cela leur permet de communiquer, d’attirer une proie ou d’effrayer un prédateur. Ils sont également translucides comme les méduses mais ne sont pas urticants en revanche :

Le dernier secteur est consacré aux eaux froides. L’océan Arctique (pôle nord) et l’océan Antarctique (pôle sud) sont loin d’être dépourvus de vie. De multitude de petites espèces vivent en suspension dans le milieu aquatique et forment le plancton qui est à la base de la chaîne alimentaire marine. Avec le réchauffement climatique, les glaces des pôles fondent plus rapidement, cela entraîne, dans certaines régions, la réduction des habitats, une modification de la salinité et de la température de l’eau ainsi que des changements de la circulation des courants. Avec ces pinces, un homard m’accueille. Cette espèce est de plus en plus rares à cause d’une pêche excessive. Il vit sur les fonds rocheux entre 20 et 100 m de profondeur et il se nourrit de mollusques ou bien encore de vers. Une tribu de gorfous macaronis (ou gorfous dorés) trône sur son rocher. Ces habitants de l’Antarctique se nourrissent principalement de calamars, de crevettes et de krill. Je repère une lueur bleue près d’un arbuste, ce sont les orques. Une espèce qui vit en groupes familiaux aux comportements sociaux développés qui lui permettent de mettre au point des techniques sophistiquées pour chasser phoques, dauphins ou bien des oiseaux de mer. Cela lui a d’ailleurs valu sont surnom de « baleine tueuse ». L’ours polaire, le plus grand carnivore terrestre, vit dans les régions arctiques mais la fonte de la banquise réduit considérablement sont territoire de chasse, il n’est donc malheureusement pas rare de le voir faire des incursions dans des zones habitées par l’Homme. Pour finir ce parcours, je m’attarde sur le morse, une espèce qui a été chassée pour sa chair et l’ivoire de ses défenses dès le 19ème siècle. Aujourd’hui, il est menacé par la pollution et la fonte de la banquise en région arctique. En marchant normalement et en m’arrêtant de ci de là pour prendre des photos, j’ai mis 1h15 pour tout faire. J’ai été émerveillée par ces sculptures lumineuses géantes, ce sont de superbes réalisations et cela donne une ambiance très particulière. Cela est renforcée par le fait qu’une fois à l’intérieur du Jardin des Plantes, avec quelques bâtiments autour et la végétation, on sent moins la pollution lumineuse de la ville, ce qui accentue cette impression de calme comme si l’on était dans notre bulle. La balade est ponctuée de panneaux descriptifs et instructifs, c’est une sortie est idéale pour les enfants également, d’autant plus qu’elle sensibilise aux ravages faits par l’Homme que cela soit directement par la surpêche et la pollution des eaux ou bien indirectement via le réchauffement climatique :

Carnet pratique

Océan en voie d’illumination | Place Valhubert – 75005 Paris | 15 € (réservation en ligne obligatoire) | Du 18 novembre 2019 au 19 janvier 2020 | Site

Cette visite est un coup de cœur, je suis à la base très fan de tout ce qui est illuminations (éclairages de monuments, mapping …) et ces sculptures tombent à pic, c’est beau, c’est magique, ça m’a permis aussi de me réconcilier avec des visites dans Paris, le flot de visiteurs est contrôlé un minimum, on peut vraiment profiter de ce que l’on vient voir. J’ai également beaucoup aimé le côté instructif et bien plus encore le travail de sensibilisation aux dégâts de la pollution, des activités humaines et du réchauffement climatique sur ces espèces, même si bien évidemment, ces phénomènes ne se limitent malheureusement pas qu’aux espèces sous-marines. C’est visible jusqu’au 19 janvier 2020, si vous avez la possibilité, je vous recommande fortement de prendre votre billet, vous ne serez pas déçus ! Alors, quelle(s) sculpture(s) avez-vous préféré ? 🙂

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18 Commentaires

  • Cecile
    8 décembre 2019 at 9 h 28 min  - Reply

    C’est vraiment magnifique tu m’as donné envie d’y retourner.

    • Anne LANDOIS-FAVRET
      8 décembre 2019 at 11 h 29 min  - Reply

      😀

  • Claire
    4 décembre 2019 at 21 h 18 min  - Reply

    Oh c’est magnifique, dommage que l’on ne monte pas a Paris pour les fêtes sinon j’y aurais emmené les enfants.

    • Anne LANDOIS-FAVRET
      4 décembre 2019 at 22 h 17 min  - Reply

      Ça sera peut-être pour l’année prochaine ! 😉

  • Christine N
    4 décembre 2019 at 13 h 27 min  - Reply

    Merci de partager ce coup de cœur. Un seul mot : waou !

    • Anne LANDOIS-FAVRET
      4 décembre 2019 at 19 h 00 min  - Reply

      Merci Christine ! Contente que tu aies apprécié ! 🙂

  • Bernadette Borda-Silvand
    2 décembre 2019 at 16 h 54 min  - Reply

    Magnifique ! D’accord, je ne suis pas parisienne, mais je suis parfois « montée à Paris » lors des fêtes de fin d’année, mais je ne connaissais pas du tout ces illuminations. Merci pour la découverte.

    • Anne LANDOIS-FAVRET
      2 décembre 2019 at 17 h 18 min  - Reply

      Merci Bernardette ! Cela n’est pas étonnant que vous ne connaissiez pas, ce n’est que la 2ème édition, ce n’est pas encore très connu ! 🙂

  • PascalXLD
    2 décembre 2019 at 9 h 40 min  - Reply

    Cela fait une superbe série et vraiment très sympa cette idée

    Bonne journée

    • Anne LANDOIS-FAVRET
      2 décembre 2019 at 11 h 56 min  - Reply

      Merci Pascal ! 🙂

  • Pierre
    2 décembre 2019 at 9 h 36 min  - Reply

    C’est magnifique Anne ! J’avais vu des photos de l’événement sur Instagram sans trop savoir à quoi ça correspondait. Si j’étais sur Paris, j’y foncerai (avec appareil photo en main !!). Mon image préféré est le poisson ogre femelle dans la brume ! Mystérieux à souhait ! 🙂

    • Anne LANDOIS-FAVRET
      2 décembre 2019 at 11 h 56 min  - Reply

      Merci Pierre ! C’était également un plaisir de les photographier. Heureusement, la province n’est pas en reste en matière d’illuminations et autres lumières ! 🙂

  • Martine Barbier
    1 décembre 2019 at 14 h 18 min  - Reply

    « Océan en voie d’illumination », au Jardin des Plantes, ressemble un peu au festival « Féeries de Chine », des Lanternes Gaillac. Dommage que nous habitions si loin, ce spectacle haut en couleurs m’aurait beaucoup plu ! Merci pour ces belles photos qui font du bien au moral.

    • Anne LANDOIS-FAVRET
      1 décembre 2019 at 23 h 08 min  - Reply

      Merci Martine ! Oui tout à fait, j’ai bien l’impression que ce sont eux derrière cette réalisation au Jardin des Plantes. 🙂

  • Anne
    1 décembre 2019 at 11 h 52 min  - Reply

    C’est comme le festival des lanternes de Gaillac, où je compte bien retourner cette année. Je ne pourrai sans doute pas aller à Paris, merci pour les images, c’est féérique!

    • Anne LANDOIS-FAVRET
      1 décembre 2019 at 23 h 07 min  - Reply

      Merci Anne ! Sur le dépliant d’Océan en voie d’illumination, il y a le nom du China Light Festival, cela doit être les mêmes qui le réalise.

  • Miss-Vinie
    1 décembre 2019 at 10 h 54 min  - Reply

    J’adorais déjà le concept l’an passé (malheureusement je n’avais pas pu y aller à mon grand désespoir ! ) & les images que j’avais vues étaient magnifiques !
    Là, tu m’as donné encore envie d’y aller (en plus, j’en ai un qui, comme toi, adoooore tout ce qui est lumineux, depuis quasi sa naissance, va savoir pourquoi ! ).
    Tes photos sont superbes et ton article est hyper bien documenté ! (clairement, le mien, quand j’irai (), sera loin d’être aussi fourni, je pense ! )

    • Anne LANDOIS-FAVRET
      1 décembre 2019 at 11 h 03 min  - Reply

      Merci Miss Vinie !
      Oh oui, n’hésites pas à y aller, c’est magique et les enfants que j’ai croisé dans les allées avec des étoiles dans les yeux (comme moi en fait ! :D) !
      Il y a beaucoup de panneaux descriptifs sur le parcours qui m’ont beaucoup aidé pour rédiger l’article, parfois, pas besoin de chercher les informations très loin !

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