Anne Landois-Favret Anne Landois-Favret

Episy et Sorques – RDV ornithologiques

Nous allons partir aujourd’hui à la découverte d’oiseaux (si si, sans déconner ! :p). Cet article est rédigé dans le cadre du collectif inter-blogueurs #EnFranceAussi, qui publie tous les mois des articles sur un thème particulier. Pour le mois de mars, la thématique était l’ornithologie, elle a été choisie par Annabelle du blog Matante A. Je suis allée en Seine-et-Marne (77) faire un tour au marais d’Episy [1] ainsi qu’à la plaine de Sorques [2], 2 zones situées au sud de la forêt de Fontainebleau.

 

Les petites histoires

Episy est une ancienne commune maintenant rattachée à Moret-Loing-et-Orvanne à un peu plus de 70 km au sud-est de Paris. Depuis novembre 2014, le marais d’Episy est inscrit sur la « liste verte » de 5 aires protégées les mieux gérées en France. Cette nouvelle certification en matière de protection de l’environnement a été décernée à l’occasion du congrès de l’UICN (Union Internationale de Conservation de la Nature).

La plaine de Sorques est juste à côté, à moins de 3 min en voiture, il serait dommage de ne pas s’y arrêter également. Elle est située sur la commune de Montigny-sur-Loing, sur une ancienne carrière. On y retrouve beaucoup d’espèces d’oiseaux mais également une belle palette de batraciens ou bien encore de mammifères sauvages. On peut observer les oiseaux en toute discrétion grâce à 2 observatoires :

Depuis la D40, on accède au petit parking du marais d’Episy. Ce jour-là, une seule autre voiture sur le parking, nous étions quasiment seuls et pourtant le temps n’était pas si moche, il y a même eu quelques rayons de soleil à plusieurs reprises. Un circuit en boucle d’environ 1 km est présent, et il est même praticable par les personnes à mobilité réduite. Il ne faut pas sortir du chemin tracé par le ponton car il y a de l’eau un peu partout (prairie humide), je ne sais pas quelle profondeur cela a, mais je pense qu’on peut vite se faire surprendre, mais de toute façon, c’est interdit. Au bout de la boucle, on peut parcourir 500 mètres supplémentaires pour accéder à une plateforme d’observation. Nous avons croisé 2 chevaux, un mangeait tranquillement, le second nous montrait son séant. J’ai beaucoup aimé les couleurs de la végétation du marais, un mélange de vert, jaune et orange qui sied bien à mon œil 🙂 :

Sur le plan d’eau, nous n’avons trouvé que des canards et des foulques macroules. Ce sont des oiseaux assez communs mais très jolis bien évidemment. Ils sont peu farouches mais on ne pouvait pas trop approcher des berges du plan d’eau, on s’est donc contenté de quelques petites silhouettes. J’avais pourtant amené le 300 mm mais quand c’est trop loin, c’est trop loin ! Dans le ciel, des cormorans sont passés rapidement, j’ai juste eu le temps de dégainer :

Ici on voit mieux les barrières au bord du plan d’eau. C’est un bas-marais alcalin ou tourbière basse, cela veut dire que c’est un marais détrempé jusqu’à sa surface par affleurement de la nappe phréatique. Il a une richesse exceptionnelle, que cela soit au niveau des espèces végétales, les papillons ou bien encore les oiseaux. C’est une zone de nidification pour la pie-grièche écorcheur (source Wikipedia et crédit Martin Mecnarowski) par exemple :

Depuis l’acquisition par le département du site en 1998, d’importants travaux de réhabilitation écologique ont été menés. Ils ont pour objectif de renverser le processus de dégradation du milieu, principalement lié à l’assèchement du marais et de favoriser la présence d’espèces remarquables telles que le gorgebleue à miroir (source Wikipédia et crédit Alpo Roikola), cela confirme les résultats positifs de la gestion mise en œuvre. On a observé 73 espèces d’oiseaux dont 50 nicheuses, en effet, le site se trouve au carrefour de zones attractives comme le Loing (cour d’eau) et la forêt de Fontainebleau au nord-ouest ou bien encore un milieu bocager à l’est. En ce qui concerne les photos, c’est presque chou-blanc sur ce secteur, nous décidons donc de nous rendre à la plaine de Sorques :

La plaine de Sorques est assez prisée des amateurs d’ornithologie. Elle est plus fréquentée que le marais d’Episy et plus étendue (129 ha). Elle se situe donc sur une ancienne carrière, toutes les zones ne sont pas accessibles mais peuvent l’être si l’on effectue une visite guidée organisée par le syndicat d’initiative de Montigny-sur-Loing. Le secteur est composé de plusieurs étangs formant une mosaïque aquatique entrecoupée de plaines ouvertes ou de milieux forestiers. Son entretien est effectué annuellement par le département qui l’a racheté en 1994. A peine arrivés, un paquet de mouettes rieuses tournaient au-dessus de nos têtes avec leurs cris caractéristiques. Elles n’étaient pas top éloignées, ça a été l’occasion de leur tirer le portrait assez facilement :

Sur la plaine de Sorques, on peut retrouver un grand nombre d’espèces d’oiseaux et son intérêt réside dans le fait de pouvoir voir beaucoup d’espèces d’oiseaux migrateurs. La présence du martin-pêcheur attire également bon nombre d’ornithologues et de photographes. Sur le site, on peut retrouver 2 observatoires, voici celui où je suis allée. En y arrivant, il y avait déjà 4 photographes installés et très respectueux des lieux, ils ne faisaient pas un bruit. Ils m’ont même montré des oiseaux que je n’avais pas remarqué. Là, on peut voit un grèbe huppé, il était assez loin, mais je suis contente qu’on puisse tout de même le reconnaître :

Plusieurs îlots se trouvent sur les étangs, c’est l’endroit idéal pour les oiseaux, ils peuvent se poser tranquillement. On reconnait des mouettes rieuses et ceux avec la houpette, je n’ai pas trouvé ce que c’était, si un amateur éclairé passe dans le coin, je veux bien avoir l’information 🙂 [edit 07/03/2019 – ce sont des vanneaux huppés !] :

La végétation arbore encore ses atours de l’hiver, mais les teintes présentes sont très jolies. Dans l’observatoire, les photographes se déplacent rapidement d’un côté, et ils mitraillent. Des oiseaux viennent de décoller à plusieurs, il me semble que ce sont des oies (à confirmer) :

Plus tard, pendant que tout le monde était en train d’observer une multitude d’oiseaux au loin sur l’étang, mon regard a été attiré sur le côté de l’observatoire à 3 mètres à peine. Des mésanges bleues faisaient des allers et venues dans un gros buisson. Cet oiseau est commun, mais franchement, je n’en vois jamais dans mon jardin, alors j’étais trop contente d’être juste à côté d’elles. On voit qu’elle vient de trouver de la nourriture, il y a un petit bout qui dépasse de son bec :

Les mésanges étaient plusieurs, certaines plus dodues que d’autres d’ailleurs ! Et sur la photo de droite, ceci n’est pas la femelle de la mésange (pardon, ne me tapez pas, je n’y connais rien en oiseaux de ce genre …) mais une tout autre espèce. C’est une sittelle torchepot (oui le nom est rigolo). Elle tient ce nom du fait que quand les couples font leur nid dans un trou, si l’entrée est trop large, la femelle la maçonne avec de la boue :

C’est un des photographes sur place qui me l’a montré, à même le sol, une espèce d’oiseaux migrateurs qui attire du monde sur la plaine, la bécassine des marais. Elle stationne 2 fois par an en forêt de Fontainebleau, on la distingue à peine, son plumage est un excellent camouflage. Elle est reconnaissable à son très long bec qui lui sert à la recherche de nourriture sur les fonds vaseux ou boueux. J’ai été très impressionnée d’en voir une de mes propres yeux, ce fût une très belle rencontre :

Carnet pratique

Marais d’Episy | Sur la D40 en direction de Genevraye – 77250 Moret-Loing-et-Orvanne

Plaine de Sorques | Sur la D104 – 77690 Montigny-sur-Loing

La balade a commencé avec peu d’oiseaux visibles mais par chance, cela n’a pas duré. J’ai pu voir plein d’espèces différentes dont certaines moins communes que d’autres. J’espère vous avoir fait découvrir les lieux et surtout leurs habitants. Si vous passer dans le coin, je compte sur vous pour respecter les animaux dans leur ensemble ainsi que les lieux, il y a encore trop de personnes qui jettent leurs déchets par terre ou qui font beaucoup trop de bruit … Quelle espèce avez-vous préféré voir ? 🙂

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11 Commentaires

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    2 avril 2019 at 14 h 57 min 

    Merci Sylvie pour ton passage, je suis contente de t’avoir donné envie, c’est un très endroit et depuis les abris avec un zoom (j’ai un 300 mm monté sur un appareil reflex APS-C) on fait déjà de très belles choses. 🙂

  • Sylvie
    2 avril 2019 at 11 h 57 min 

    Je pense que j’aimerais beaucoup la plaine de Sorques ! Comme tu me donnes envie là avec toutes ces belles photos d’oiseaux, dont plusieurs que je n’ai jamais eu l’occasion de voir… Merci beaucoup pour cette très belle découverte ! Je vais noter cet endroit sur ma To Do List !

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    8 mars 2019 at 9 h 40 min 

    Merci Anne ! Les mésanges sont très mignonnes mais j’ai encore plus préféré la bécassine ! 🙂

  • Anne
    8 mars 2019 at 7 h 54 min 

    Oh, quelle jolie mésange! Les couleurs du paysage sont très belles également!

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    7 mars 2019 at 11 h 49 min 

    Merci Martine ! Tu as de la chance, elles boudent mon jardin, mais un jour j’aimerais bien faire une mangeoire, cela devrait attirer quelques espèces ! 🙂

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    7 mars 2019 at 11 h 14 min 

    Merci à toi Eimelle ! 🙂

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    7 mars 2019 at 11 h 14 min 

    Merci Annabelle ! C’était une très bonne idée de thématique, je suis même dedans depuis janvier, car j’avais publié un article sur des rapaces puis un sur la thématique de février sur les zones humides où il y avait déjà des oiseaux ! 🙂

  • Martine Barbier
    7 mars 2019 at 10 h 40 min 

    Merci pour ces belles photos. Des petites mésanges bleues nous en avons beaucoup dans le sud. L’hiver elle viennent manger des graines dans notre jardin, c’est toujours un plaisir de les contempler avec les petits rouge-gorges.

  • Caro
    7 mars 2019 at 8 h 47 min 

    Chouettes balades, je ne connais pas du tout mais j’adore ces lieux où on se sent en pleine nature et où on peut observer, sans déranger. Sur l’îlot ce sont des vanneaux huppés qui sont avec les mouettes rieuses. Et quelle chance d’avoir pu observer la bécassine, c’est une rencontre pas si courante. Merci pour cet article, je me suis régalée.

  • Eimelle
    7 mars 2019 at 6 h 37 min 

    Belle balade avec de belles couleurs !

  • Annabelle
    7 mars 2019 at 3 h 39 min 

    Ce n’est pas toujours facile d’observer des oiseaux mais on découvre surtout de petits coins de pays magnifiques comme ceux de ton article et tout n’est donc pas perdu! Et tes petites mésanges sont trop jolies! Merci à toi d’avoir participé à mon idée!

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