Anne Landois-Favret Anne Landois-Favret

Danemark – Christianshavn à Copenhague

Nous attaquons maintenant le quatrième et dernier article consacré à Copenhague. Cela sera aussi le dernier de ce voyage au Danemark, toutes les bonnes choses ont une fin à ce qu’il paraît ! Ce dernier jour, nous prenions l’avion en fin d’après-midi, nous avons saisi cette occasion pour bien marcher et en profiter à fond. De plus, l’aéroport de Copenhague n’est pas très loin du centre-ville, depuis la gare centrale, on y est en seulement 15 minutes, donc on avait le temps de flâner en ville avant le décollage. Au programme de cet article, principalement l’île de Christianshavn [3] et [4], mais également un détour par le parc de Superkilen [1] et le cimetière d’Assistens [2], tous 2 situés au nord de la ville dans le quartier de Nørrebro, let’s go !

 

La petite histoire

L’île de Christianshavn est donc un quartier de Copenhague qui s’étend sur 3,43 km². Elle a été fondée au 17ème siècle par Christian IV dans le cadre de l’extension des fortifications de Copenhague. Entre 1618 et 1623, 5 bastions y ont été érigés entre la ville et le secteur d’Amager. Le quartier est à l’origine aménagé pour fonctionner de manière indépendante par rapport à Copenhague, avec un style architectural très inspiré de l’architecture néerlandaise et de ses canaux, mais dès 1794, Christianshavn est intégrée à Copenhague. A la fin du 19ème siècle, les fortifications intérieures sont démantelées, une partie de la zone défensive est rendue à la ville au cours de décennies 1910 et 1920 et la totalité des fortifications a été rendue publique en 1961. Ce quartier est actuellement le siège d’un mini-quartier autonome assez connu, Christiania dont je ferai le détail plus bas :

copenhague4-carte

Direction Nørrebro, dans le nord de la capitale pour une longue balade. Nous commerçons notre parcours par Superkilen, mais avant, en chemin nous croisons un street art de taille imposante. Il est réalisé sur un mur qui accueille, en bas, un petit skate park. Nous continuons et arrivons à Superkilen, un parc urbain ouvert en 2012. Cet espace a été créé pour revitaliser le quartier, on y retrouve des mobiliers urbains issus des différents pays d’où sont originaires les habitants. On peut voir des lignes qui partent dans tous le sens, elles semblent avoir une vie propre, c’est assez caractéristique, nous sommes dans la zone qui s’appelle le marché noir. Les 2 autres zones qui composent Superkilen sont le carré rouge, plutôt dédiée au sport et le Green Park, un espace de verdure :

Le tour est assez rapide et nous nous mettons en quête d’un endroit pour déjeuner, on commence à redescendre en direction du cimetière d’Assistens, notre prochaine étape. Nous trouvons un petit café tranquille pour manger qui était plutôt bon. Une fois l’estomac rempli, nous reprenons nos pieds pour attaquer la visite du cimetière. Assistens a ouvert en 1760, c’est un des plus grands cimetières de la ville. Au Danemark, les cimetières ne sont pas que des lieux tristes dédiés au recueillement, ce sont également des parcs où les habitants du quartier peuvent venir s’y balader. On retrouve des aires de pique-nique et des personnes qui courent ou bien encore qui bronzent. Ce cimetière a été créé pour accueillir les victimes pauvres d’une épidémie de peste, mais plus tard, il devint celui des notables. Nous avons trouvé la tombe du célébrissime Hans Christian Andersen mais nous n’avons pas cherché toutes les autres personnes connues. La plupart des tombes sont assez modestes et il y a de l’espace entre chacune d’elles, certaines sont même quasiment recouvertes par la végétation. C’est un très beau cimetière, plein de vie, ce qui fait voir ces lieux sous un autre angle :

Nous n’avons pas fait toutes les allées, il y en a tellement ! Nous avons eu un bon aperçu de ce qu’on peut trouver dans Assistens. Nous en sortons à présent et passons devant l’église de la Sainte-Croix juste au sud-ouest du cimetière. Elle a été construite entre 1887 et 1890 sur une parcelle du cimetière à l’origine destinée aux lépreux. Contrairement aux apparences, cette église est protestante, peut-être que certains d’entre vous l’auront remarqué, mais il y a des étoiles de David sur le clocher. Initialement, l’architecte avait prévu sur ses dessins, un cercle avec un triangle, sûrement pour représenter la Trinité mais il semblerait qu’au cours de la construction, il aurait changé d’idée. A l’époque, ce n’est pas encore l’emblème juif que l’on connait aujourd’hui, ce symbole a été choisi lors du premier congrès sioniste de 1897. Dans la Griffenfeldsgade, on croise l’Institut Saint-Joseph, une école catholique, en activité dès 1858 :

Nous continuons notre marche vers le sud pour prendre le métro et arrivons sur l’île de Christianshavn (le port de Christian). Deux rues après en direction du nord-est, nous arrivons à destination, à l’église de Notre-Sauveur [3], de style baroque. C’est un bâtiment avec une flèche atypique, en spirale. L’escalier en colimaçon est extérieur et va jusque sous le globe en or de 2,50 mètres de diamètre surmonté d’une statue du Christ de 3 mètres de haut. On peut monter les escaliers jusqu’en haut, tout au bout, même si on fini légèrement accroupi, les architectes ont vraiment poussé le vice à fond :

Une fois toutes les marches montées, on se retrouve presque tout en haut, je dis « presque », parce qu’il y a un léger embouteillage, on ne gravira pas les dernières marches, c’est trop étroit. Le clocher de cette église offre une superbe vue sur Copenhague, on voit assez loin, si vous regardez bien la photo avec la rambarde dorée en avant-plan, on distingue tout au fond à gauche, le pont de l’Øresund, que nous avions emprunté pour aller à Malmö :

Une partie de la montée, ou de la descente dans notre cas, s’effectue en intérieur. On croise quelques statues disposées d’une manière assez scénarisée, divers mécanismes dont certains servent aux cloches. Le carillon de l’église joue des mélodies toutes les heures de 8 heures à minuit. La descente est longue, pas tant parce qu’il faut redescendre les 90 mètres que nous avions monté, mais surtout parce qu’à certains endroits c’est très étroit également, il faut donc s’arrêter sur des sortes de paliers pour laisser passer les gens qui montent. La construction de l’église débuta en 1695 et se termina en 1752, la flèche ayant été mise tardivement :

Non loin de là se trouve le quartier de Christiania [4] qui a fonctionné comme une communauté autogérée de 1971 à 2013. Christiania se trouve sur l’ancien territoire de la caserne de Bådsmandsstræde, qui abritait le régiment d’artillerie royale, l’école de l’intendance militaire et l’arsenal. Le projet a été lancé en 1971 par un journaliste après la destruction des clôtures de la caserne par des militants. On y retrouvait des squatteurs, des chômeurs et des hippies qui avaient pour but, comme il est décrit dans la charte « de créer une société autogérée dans laquelle chaque individu se sent responsable du bien-être de la communauté entière. Notre société doit être économiquement autonome et nous ne devons jamais dévier de notre conviction que la misère physique et psychologique peut être évitée ». De nos jours, il y a énormément de touristes, ce quartier est une petite curiosité. Même si la ville a repris en mains certains aspects administratifs et que la taille du territoire a fortement été réduite, on y retrouve encore les caractéristiques d’une petite communauté. Les voitures y sont interdites par exemple, et la vente de cannabis se fait à la vue de tous (les drogues dures ne sont pas autorisées), pas d’armes non plus. On retrouve beaucoup d’artistes, plusieurs petites boutiques de sculpteurs ou bien encore de peintres jalonnent notre parcours. La philosophie du street art y trouve toute sa place également. Théoriquement, les photos sont interdites vers les alentours de la rue principale, Pusher street, j’ai donc fait attention. j’ai fait le choix de mettre des photos car Christiania est avant tout une communauté très intéressante qui mérite qu’on la raconte :

Ce que l’on voit moins en photo sur le net, ce sont ces petites maisons toutes mignonnes dans de toutes petites allées au fin fond de Christiania. On y retrouve des barbecues et des vélos d’enfants, signe que le quartier vit sereinement. Il se dégage même un calme apaisant, le flot de touristes ne va que rarement par là. On compte actuellement environ 800 habitants répartis sur un peu moins d’1 km². Christiania reste tout de même en conflit avec les autorités pour son existence. Détruire le quartier serait contre productif, il faudrait reloger les habitants et les aides sociales apportées aux Christianites sont très faibles, s’ils habitaient ailleurs dans Copenhague, elles augmenteraient significativement et donc ils reviendraient cher à la ville. Certaines boutiques autorisent les photos sans souci, elles l’indiquent par un panneau sur la façade. J’ai croisé des bars et des ateliers d’artistes qui n’affichaient pas le panneau, mais franchement, il n’y a rien de compromettant à prendre en photos, à moins qu’un banc et une sculpture avec des pneus soient compromettants ! :). j’ai beaucoup aimé l’esprit de ce quartier, par contre, il y a beaucoup de touristes. Le fait que du cannabis soit vendu à la vue de tous ne m’a, personnellement, pas dérangé, même si je pense que quand on a des enfants, il faut se questionner avant d’y aller, c’est un choix qui revient à chacun selon sa sensibilité à ce sujet :

Carnet pratique

Park Superkilen | Nørrebrogade 210 – 2200 København | Site

Cimetière d’Assistens | Kapelvej 4 – 2200 København N | Site

Eglise de Notre-Sauveur | Sankt Annæ Gade 29, 1416 København | Site

Christiania | Sur l’île de Christianshavn

Nous arrivons au terme de ce voyage au Danemark, il est temps de rentrer, notre avion est prévu en fin d’après-midi, le soir une fois de retour en France, nous avons encore plein d’images fraîches en tête. Globalement, j’ai aimé le mode de vie et la mentalité des danois, j’ai également aimé leur sens pratique, leur ouverture d’esprit et la place qu’ils accordent à l’éducation. Le pays est très joli, il n’y a pas beaucoup de reliefs mais pour l’avoir parcouru sur plusieurs régions, on y retrouve de la variété, tantôt vallonné, tantôt très vert avec ses forêts et ses cours d’eau. On retrouve également de très beaux littoraux ainsi que de jolies falaises. On circule très facilement en voiture, les autoroutes sont très souvent vides, sauf sûrement aux heures de pointe où cela doit se charger un peu plus. Nous n’avons pas eu le temps de louer des vélos, c’est un comble pour ce pays j’en conviens, mais ça nous laisse des choses à faire si on y retourne un jour. A Copenhague, nous avons quand même réussi l’exploit de ne pas voir la Tour Ronde, apparemment un élément touristique principal ! Il y a bien évidement plein de quartiers qui n’ont pas été vus ou trop peu, il nous reste également à voir le château de Frederiksberg, un classique aussi. Nous sommes partis à la découvert du quartier de Nørrebro, pas le plus touristique mais il est cosmopolite, il change de l’image un peu lisse que l’on pourrait se faire de la population de la ville. Bref, j’ai beaucoup aimé le Danemark et je vous invite, si vous le pouvez, à vous y rendre, vous ne serez pas déçus ! Pour ceux qui connaissent déjà, avez-vous aimé ce pays ? 🙂

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4 Commentaires

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    28 mai 2019 at 11 h 12 min  - Reply

    Oui Amor, avec du vent ça ne doit pas être la même ! :p Il y a pas mal de contrastes dans ce secteur, c’est ce qui fait, à mon sens, qu’il est très intéressant ! 🙂

  • Amor
    27 mai 2019 at 19 h 11 min  - Reply

    J’ai réussi à monter tout en haut de Saint sauveur en automne il y a moins de monde. Le vent était frisquet et beaucoup ont renoncé. Tu as raison sur Christiana c’est un endroit charmant pour peu que l’on sorte de la « rue » principale. On a pu voir un street artiste à l’œuvre et c’était vraiment sympa. Ce qui est drôle quand on sort en direction de l’Opéra c’est le changement total entre deux cotés de la rue, d’un côté les herbes folles et les fleurs et de l’autre une résidence béton très « propre »

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    13 décembre 2018 at 22 h 00 min  - Reply

    Merci Anne ! Eh oui, c’est la magie des différentes échelles ! 😀

  • Anne
    13 décembre 2018 at 20 h 18 min  - Reply

    C’est marrant comme vu d’en haut, tout semble carré et ordonné, et qu’une fois en bas il y a plein de fantaisie!

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