Anne Landois-Favret Anne Landois-Favret

Budapest – Balade dans Ferencváros

On continue la visite des quartiers de Budapest. Au programme, le quartier de Ferencváros, le 9ème district. Nous allons voir une partie du Mémorial de l’Holocauste [1] ainsi que le bâtiment du musée des Arts Décoratifs [2] puis nous finirons par un micro détour par le 6ème district, alias Terézváros, pour vous présenter rapidement le maison de la terreur [3].

 

La petite histoire

Le quartier de Ferencváros englobe des quartiers centraux et péricentraux de la capitale hongroise, il est bordé à l’ouest par le Danube. Ce quartier est également connu pour son club de foot, le Ferencváros TC. Concernant le quartier de Terézváros (6ème), il fait parti des districts du centre-ville. Il abrite l’avenue Andrássy, un longue avenue arborée, classée au patrimoine mondial de l’Unesco pour son patrimoine architectural riche et la rue Király. Sur l’avenue, les façades néo-baroques côtoient les immeubles néo-classiques ou néo-byzantins. C’est sur cette avenue également qu’a été construit le premier métro continental d’Europe, la ligne 1. On y retrouve également l’Opéra d’Etat hongrois, que nous visiterons dans le prochain article. Pour rappel, notre location se trouve à ce repère [H] :

 

Le mémorial de l’Holocauste est un musée et un centre de documentation construit autour de la synagogue de la rue Páva. Le musée a été ouvert en 2004 mais la synagogue date de 1923. Les colonnes visibles sur la photo de droite, au nombre de 6, représentent chacune 100 000 victimes de la communauté juive de Hongrie tuées pendant la seconde guerre mondiale :

 

Les photos sont malheureusement interdites dans le musée. En gros, les collections permanentes s’étendent sur 1 500 m², un parcours nous emmène à travers la chronologie de l’histoire et des évènements, c’est très bien documenté et la décoration est feutrée, les éclairages sont bien dosés. Comptez 1 à 2 heures pour tout faire et prendre votre temps, les affichages sont bien évidemment en anglais. Vous terminez la visite par la synagogue. Je dois dire que j’aime beaucoup la décoration :

Synagogue

 

Il n’y avait pas beaucoup de monde pour la visiter, le lieu est assez grand à l’intérieur. Derrière les fauteuils se trouvent des plaques avec des noms de diverses personnalités en rapport avec les lieux :

 

Je me suis pas mal attardée sur les décorations avec tous ces motifs variés. On retrouve de petites étoiles un peu partout :

 

En sortant, dans la cour, nous arrivons au niveau d’un mur de verre de 8 mètres de haut. Dessus, ont été gravés au laser, les noms des victimes connues. Des recherches sont toujours en cours pour identifier d’autres victimes, à ce jour, 225 000 sont connues :

Liste

 

Changeons de lieu pour nous retrouver, un peu par hasard, devant le musée des Arts Décoratifs. Ce bâtiment est une merveille, à l’extérieur comme à l’intérieur ! Il a été construit en 1896 à l’occasion des festivités du millénaire, c’est l’oeuvre d’Ödön Lechner et Gyula Pártos et on peut remarquer sur le toit des mosaïques signées Zsolnay (comme beaucoup de bâtiments à Budapest) :

 

Le musée est construit dans le style Sécession (un courant de l’Art Nouveau). L’extérieur du bâtiment est constitué de céramiques encastrées dans le mur de briques en pyrogranite qui portent essentiellement des motifs populaires hongrois. Ici, la décoration du plafond de l’entrée :

Motifs populaires

 

A l’intérieur c’est un peu le même genre d’inspirations avec une touche orientale. Le hall est baigné de lumière, c’est juste magique, je vous laisse savourer l’ambiance :

Orientalo-hongrois

 

Le style de l’extérieur du bâtiment vous dit peut-être quelque chose, il est très proche de celui de la Caisse d’Epargne Postale, vue dans le précédent article. A l’intérieur, une très grande verrière vous attend. J’adore les verrières, j’ai donc été servie. Au sol, il y a un grand espace vide mais qui sert pour des expositions temporaires. Le clou du spectacle est, pour moi, la vue d’une autre verrière avec les différents étages du musée. La succession de « couches » est impressionnante :

 

Nous n’avons pas visité les collections permanentes car nous sommes arrivés trop tard, il ne nous restait que 30 minutes avant la fermeture :

Etourdissant

 

Nous finissons cet article sur la maison de la terreur. Elle se trouve donc dans le 6ème district, sur la grande avenue Andrássy, au numéro 60. Cette adresse est hautement symbolique, c’est l’ancien siège des Croix-Fléchées (les nazis hongrois) et ça a été également le siège de la police politique communiste :

 

Je n’ai que 2 photos de l’intérieur à vous proposer, les photos sont interdites sur tout le reste du parcours. A l’entrée, un ancien char imposant est exposé, sur les murs, des photos de victimes de la police politique et des Croix-Fléchées. Le musée a été construit en 2000 sous le gouvernement de Viktor Orbán. Le lieu est avant tout dédié à la mémoire des victimes, le parcours est contruit de manière chronologique, on traverse diverses salles avec des musiques plombantes pour nous mettre dans « l’ambiance ». Même si cela peut avoir un caractère oppressant, j’ai tout de même apprécié car c’est la réalité de l’époque après tout. On fini la visite par les caves avec les cellules de détention. Il y a des outils de tortures présentés entre autres. Il faut savoir qu’au moment de l’ouverture, le musée a suscité des controverses du fait de la mise en équivalence des régimes fascistes et communistes :

 

Carnet pratique

Mémorial de l’Holocauste (Holokauszt Emlékközpont) | 39 Páva utca | 1 400 forints (environ 4,50 €) | Site

Musée hongrois des Arts Décoratifs (Iparművészeti Múzeum) | Üllői út 33-37 | 2 000 forints (environ 6,50 €) | Site

La maison de la terreur (Terror Háza) | Andrássy út 60 | 3 000 forints (environ 9,70 €) | Site

 

Encore et toujours des choses à voir et à admirer à Budapest, on n’en fini pas de découvrir le riche patrimoine architecture de la capitale, ainsi que ces lieux qui nous rappellent sa douloureuse histoire. Qu’avez-vous pensé de ces dernières petites visites ? 🙂

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8 Commentaires

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    22 janvier 2018 at 12 h 34 min 

    Merci Gilles pour ton passage ! Il est clair que quand on a un contexte personnel/familial, cela renforce encore plus l’émotion !

  • Gilles
    22 janvier 2018 at 10 h 13 min 

    Mes grands parents maternels étaient hongrois, immigrés des années 20. Autant dire que ces belles photos de Budapest continuent de m’émouvoir. Jusqu’à faire oublier celles moins reluisantes de l’actualité hongroise. Comme aussi cette atmosphère indéfinissable de mélange de cultures, de mélancolie et de nostalgie…. Encore un peu et pleureront les violons !

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    21 janvier 2018 at 19 h 06 min 

    Merci Pascal ! Contente que tu aies pu apprécier les ambiances ! 🙂

  • pascal
    21 janvier 2018 at 18 h 40 min 

    « Synagogue est vraiment magnifique et j’ai pris le temps de savourer l’ambiance de « orientalo-Hongrois » .

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    21 janvier 2018 at 17 h 07 min 

    Merci Esther ! J’imagine qu’à Berlin aussi il y a beaucoup de lieux dédiés à la mémoire des victimes et à l’Histoire et que ces endroits sont un peu « pesant » mais très instructifs.

  • Esther
    21 janvier 2018 at 15 h 04 min 

    « Synagogue » est magnifique, ainsi que tes deux photos en noir et blanc, sublime compo et lumière. Et je comprends que tu te sois attardée sur les détails de couleur. Cette fois, ces deux visites me font penser à Berlin, où on trouve aussi des lieux comme ça, emplis d’histoire et d’émotion…

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    21 janvier 2018 at 11 h 37 min 

    Merci Anne ! Ah oui, ce bleu est superbe ! 🙂

  • Anne
    21 janvier 2018 at 8 h 05 min 

    Une visite forcément touchante.
    Je suis fan du bleu du plafond de la synagogue!

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