Anne Landois-Favret Anne Landois-Favret

Berlin – Brandebourg et Tiergarten

Nous allons aujourd’hui nous concentrer sur l’arrondissement de Mitte, le centre-ville, plus précisément aux alentours de la porte de Brandebourg ainsi que le grand parc de Tiergarten (entre autres) !

La petite histoire

Il faut distinguer l’arrondissement de Mitte du quartier. En effet, l’arrondissement de Mitte a été créé en 2001 par la fusion des anciens districts de Mitte, Tiergarten et Wedding. Quand les berlinois parlent de Mitte, ils parlent de la zone de l’ancien district de Mitte qui accueille la porte de Brandebourg, le Reichstag, l’Alexanderplatz ou bien encore l’Île aux Musées. Les lieux vus dans cet article seront donc sur l’arrondissement de Mitte, bien plus grand. Cet arrondissement est, avec un autre, le seul à avoir regroupé des quartiers de Berlin-Est et de Berlin-Ouest. Le mot Mitte veut dire »mitan », « milieu ». La porte de Brandebourg marque la frontière ouest du quartier historique de Mitte. Nous allons donc nous balader essentiellement à l’ouest de la porte, donc hors du centre historique :

Nous arrivons par la Potsdamer Platz, au sud de la porte de Brandebourg, notre objectif initial. En remontant l’Eberstraße (straße, ça veut dire « rue » et le B un peu bizarre, ce sont 2 « s » en fait), nous sommes interpellés par de gros blocs gris faits de béton, c’est le mémorial aux juifs assassinés d’Europe ou mémorial de l’Holocauste [1]. Ces blocs représentent des stèles, il y en a 2 711 et cette œuvre a été réalisée par Peter Eisenman, un architecte et théoricien américain. J’ai trouvé une photo d’une vue d’ensemble pour que vous puissiez mieux vous rendre compte. Les premières stèles, près de la route, ne sont pas très hautes, moins d’un mètre pour certaines et puis, plus on progresse à l’intérieur de ce dédale, plus on s’enfonce et on fini par être complètement dépassé par les stèles. Les plus grandes que l’on peut trouver font 4,70 mètres de haut. Dès 1988, ce projet est né de l’initiative d’un groupe de citoyens mené par une journaliste et un historien. La construction débute en 2003 pour s’achever en 2004, son inauguration, quant à elle, intervient en mai 2005. Le but de l’organisation très ordonnée de ces stèles est censé produire une atmosphère de malaise et de confusion, c’est plutôt réussi je trouve. En dessous, on trouve la « place de l’information » qui contient le nom de toutes les victimes juives recensées par le musée israélien Yad Vashem et on y trouve également une exposition répartie sur plusieurs salles :

Après ce crochet non prévu, bien que j’en avais entendu parler sans vraiment savoir où c’était dans la capitale, nous nous dirigeons vers la porte de Brandebourg [2], un des symboles les plus connus de la ville. Dans cette petite série ci-dessous, vous retrouverez des photos prises sur plusieurs jours. La première fois où nous y sommes passés, il y avait une manifestation de pharmaciens devant, côté ouest. Nous avons pu voir également de l’autre côté une personne qui revendiquait quelque chose sans trop savoir quoi et qui était juste en string. Le lendemain, c’était plus calme, la pluie tombait par intermittence ce qui dissuadait nombre de touristes pour notre plus grand bonheur. Entre ce jour et la veille, l’espace devant la porte avait perdu les 3/4 des passants. La porte de Brandebourg fût construite de 1788 à 1791 dans un style néoclassique par l’architecte Carl Gotthard Langhans pour le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II. L’architecte s’est largement inspiré du Propylée de l’Acropole d’Athènes. La porte nous domine de ses 26 mètres de haut, elle fait 65,5 mètres de large. On peut bien évidemment passer dessous, il y a 5 ouvertures mais ce ne fût pas toujours le cas, sous l’empire allemand (1871-1918), seul le Kaiser pouvait emprunter le passage central avec son véhicule. La statue tout en haut représente un quadrige, un char à 2 roues tiré par 4 chevaux avec à son bord la déesse de la Victoire. Cette statue a été installée en 1793 mais en 1806 elle est emportée par Napoléon Bonaparte qui veut l’installer à Paris. Après la chute du Premier Empire, la statue est de retour à Berlin et elle est agrémentée d’un nouveau symbole de pouvoir, l’aigle prussien. Après les 2 guerres mondiales, la porte était en très mauvais état, elle fût rénovée en 1957. En 1945, lors de la partition de la ville, la porte se retrouve dans la zone est, puis en 1961, elle se retrouve au milieu du no man’s land gardé par les soldats de la RDA sans pouvoir être traversée par qui que ce soit. Du côté est, la vue de la porte de Brandebourg, n’était pas entravée, à part de quelques petites barrières, mais à l’ouest, un mur de béton de près de 3 mètres de haut cachait la base du monument aux habitants. Je vous propose une petite photo trouvée sur Wikipédia datant de 1989 mais montrant bien où était placé le mur par rapport à la porte de Brandebourg :

A l’ouest de la porte de Brandebourg, on trouve le Großer Tiergarten [3] (grand jardin aux animaux). C’est un très grand parc  (et le plus ancien de la ville) de 3 km de long et d’1 km de large. Il est traversé par la rue du 17 Juin, une très grande avenue et abrite la Großer Stern (grande étoile), un immense rond-point en étoile. Le parc fût créé au 16ème siècle, et malgré ses aménagements du 19ème, il a conservé un aspect assez sauvage. C’est une ancienne réserve de chasse mais il y a encore des animaux sauvages, la ville mandate des « chasseurs urbains » pour éviter la prolifération des populations de gibier, notamment les sangliers. Dans le parc, on trouve plusieurs monuments célèbres, le château de Bellevue (lieu de résidence du Président Fédéral), la Siegessäule (ou colonne de la Victoire), le Mémorial soviétique et le palais du Reichstag (siège de l’assemblée parlementaire). Au fil du temps, différentes inspirations ont façonné le parc, avec une partie d’agrément, inspiré du style français mais également des jardins à l’anglaise avec l’Île Rousseau et l’Île de la Reine Marie-Louise créées entre 1792 et 1810. Durant la Seconde Guerre Mondiale, notamment pendant la bataille de Berlin, le parc est gravement endommagé par des bombes incendiaires. Les arbres restants ont servis de bois de chauffage et les espaces verts ont été reconvertis en potagers. Après le conflit, en 1949, 1 million d’arbres furent replantés, le parc retrouva peu à peu son aspect d’antan. Le parc est très agréable, bien qu’une grande route le traverse, j’ai surtout beaucoup aimé la grande proportion des parties boisées, qui m’a donné l’impression de ne pas être en ville :

Nous arrivons sur le rond-point de la Großer Stern (grande étoile) qui comporte 5 branches. Il est traversé par la longue rue du 17 Juin (à l’est, elle mène à la porte de Brandebourg). Il n’y a pas de passages piétons, uniquement des souterrains, le rond-point est énorme et ça serait un peu risqué quand même de traverser comme ça. Les souterrains sont agrémentés de panneaux racontant l’histoire des lieux ainsi que celle de la colonne de la Victoire [4] (Siegessäule en allemand). Cette grande colonne au centre du rond-point représente la déesse de la Victoire, elle commémore les campagnes prussiennes de 1864 (contre le Danemark), 1866 (contre l’Autriche) et de 1870 (contre la France). A l’origine, la colonne se trouvait sur la place de la République face au Reichstag, elle fût déplacée en 1938 à son emplacement actuel, et c’est probablement ce qui l’a sauvé, car cette ancienne zone fût réduite à un tas de gravats. Actuellement, elle est haute de 67 mètres, mais elle a été surélevée de 7,50 mètres en 1939 quand elle été mise sur ce rond-point. On peut y entrer (c’est payant) pour aller dans la rotonde et tout en haut. Il faudra faire chauffer les mollets pour gravir 285 marches :

En empruntant le Spreeweg (route de la Spree (la rivière qui coule à Berlin)) en direction du nord-est, nous arrivons devant le château de Bellevue [5] (Schloss Bellevue en allemand). Le château fût construit en 1785 par l’architecte Philipp Daniel Boumann pour le prince Auguste Ferdinand de Prusse qui en fit sa résidence d’été. En 1935, il est temporairement le lieu d’accueil du musée d’ethnographie, en 1938, il est la résidence officielle des hôtes du Führer. En 1945, il fût partiellement détruit à la fin de la Seconde Guerre Mondiale puis reconstruit en 1954 et 1959 et ensuite réquisitionné par la RFA qui en fait une résidence présidentielle secondaire. Après la réunification de l’Allemagne, le château devint, en 1994, la résidence officielle du Président Fédéral. Le Président n’y habite pas, une résidence dans le quartier de Dahlem (loin du centre, au sud-ouest) lui est attribué pour lui et sa famille. Le château lui sert à recevoir des personnalités importantes au cours de diverses cérémonies et il y prononce généralement ses allocutions télévisées. Au bord de la route, devant le château, on peut voir un poste rouge, qui semble assez ancien, qui permettait d’avertir en cas de feu. Nous rebroussons chemin et revenons vers la colonne de la Victoire. un petit coup d’œil vers elle, le soleil commence à ce coucher et les couleurs du ciel sont superbes, puis un petit crochet dans un renfoncement qui abrite une grosse statue. Ce n’est autre que Otto von Bismarck, le premier Chancelier du nouvel Empire allemand (1871). Le statue est érigée en 1901 en face du Reichstag et est déplacée, comme la colonne, en 1938 dans ce secteur :

Carnet pratique

Mémorial de l’Holocauste | Cora-Berliner-Straße 1 – 10117 Berlin | Site

Porte de Brandebourg | Pariser Platz – 10117 Berlin | Site

Tiergarten | Straße des 17. Juni – 10785 Berlin | Site

Colonne de la Victoire | Altonaer Straße 1 – 10557 Berlin | 3 € | Site

Château de Bellevue | Spreeweg 1 – 10557 Berlin | Site

Ce tour dans l’arrondissement de Mitte nous a permis de nous rendre compte de la richesse de l’histoire allemande, même si bien sûr, elle a eu des périodes extrêmement sombres comme vous le savez, mais quel pays n’a pas son lot d’événements qu’il préférerait oublier ? La porte de Brandebourg est très impressionnante, on la voit souvent à la TV ou en photo, mais être à côté ne fait pas le même effet. Le parc de Tiergarten est très beau, j’adore son côté un peu sauvage avec ses bois et la colonne de la Victoire est un beau morceau avec ses 67 mètres. Avec ses dorures, elle est reconnaissable de loin. Tout ce secteur est très intéressant pour s’immerger un peu dans l’histoire allemande, je pense qu’il ne faut pas fait l’impasse dessus. On se rend également compte de la largeur des rues, cela permet de respirer, de se balader en toute quiétude. Qu’avez-vous le plus apprécié lors de cette balade ? Avez-vous vu autre chose d’important dont je ne parle pas dans ce coin ? 🙂

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2 Commentaires

  • Anne LANDOIS-FAVRET
    26 mai 2019 at 18 h 13 min  - Reply

    Merci Anne ! Ah oui, c’est une autre époque, donc une autre ambiance ! 🙂

  • Anne
    25 mai 2019 at 16 h 06 min  - Reply

    Le Mémorial n’existait pas quand j’y suis allée! Et Christo emballait le Reichstag!

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